Se libérer d’un partenaire toxique

Chaque fois à travers mes articles j’ai l’impression que je vous ouvre une porte de ma vie privée qui est trop privée. Une porte où la douleur est trop intime. Chaque fois je doute jusqu’à la fin avant de le publier, mais je sais que mes articles aideront peut-être, ne serait-ce qu’une seule personne, alors ça me permet d’aller jusqu’au bout de mes plus sentiments les plus secrets, mes sentiments les plus noirs.

Il y a plusieurs années de cela j’ai vécu une relation extrêmement toxique, violente physiquement et mentalement. Une relation qui m’a complètement anéanti et en même temps qui m’a forgé. C’est un de mes secrets les plus enfouis, un secret que je n’ai presque pas la force d’affronter moi-même, alors en parler au grand jour n’est pas une chose facile. J’ai voulu oublier que tout ça était réel mais je ne peux pas, parce que parfois je me couche encore la boule au ventre luttant contre mes terribles souvenirs qui refont surface. Je tremble encore si par malheur une situation me replonge dans le passé, juste un geste ou une parole et la panique m’envahit. Or je ne veux plus jamais m’endormir avec ce sentiment et je souhaite à toutes les autres femmes qui le subissent de sortir de ce genre de relation. Je ne peux plus me mentir à moi-même j’en ai assez.

J’ai subi des violences psychologiques parfois même physiques avec quelqu’un que j’aimais. C’est terrible de l’écrire, c’est terrible de le dire. J’accepte enfin de ne plus avoir honte et de ne plus me sentir coupable pour ce que cette personne m’a fait vivre. En parler me semble insurmontable. Je voulais que personne ne sache, j’avais honte et je ne voulais pas qu’on me juge.

Quand on commence ce genre de relation on ne s’attend pas à la suite des événements. D’abord on vit un conte de fées, on rencontre un homme qui nous vend du rêve, qui fait tout aller très vite, qui nous montre qu’il nous aime démesurément. Justement la démesure prend rapidement le dessus et je me suis retrouvé petit à petit, sans rien comprendre avec quelqu’un de jaloux, de possessif… des comportements qui s’excusent facilement parce que au début il y a les « tu es trop belle, tu t’habilles trop comme ci ou trop comme ça, c’est pour ton bien » et finalement des comportements qui deviennent de plus en plus pénibles à supporter. Quand la culpabilisation et le harcèlement moral ne sont plus suffisants. J’ai eu droit aux insultes, les petites insultes « t’es conne, t’es bête, t’es provocatrice, tu es chiante, tu es folle, tu exagères, c’est toi qui cherches … » puis les pires « t’es malade mentale, t’es une allumeuse, t’es une pute, t’es une menteuse… »

Chaque nouvelle dispute me faisait perdre pied, je vrillais totalement par peur de le perdre, parce qu’il me faisait croire que je n’étais rien sans lui. Chaque dispute se terminait en réconciliation par des cadeaux magnifiques ou des moments « magiques » pour me faire oublier les disputes précédentes, chaque dispute était noyée dans un déni de la part des deux parties et une culpabilisation active « tu exagères, ce n’était pas si grave, c’est notre faute à tous les deux, tu as commencé, si tu n’avais pas fait ou dit ceci on n’en serait pas arrivé à la » Alors je finissais par croire à la version qu’il me vendait. Et la descente aux enfers commence à ce moment-là, au moment où on ne fait plus confiance à notre propre esprit et à nos propres jugements. « Il a raison, j’exagère, il fait ça pour mon bien, il m’aime trop, c’est normal j’ai qu’à prendre sur moi, il me gâte beaucoup, c’était passager il va arrêter » Et puis on se lève un matin en ne reconnaissant plus l’homme avec qui on est, pire on ne sait même plus qui on est sans lui. Et on pense que ce rapport de force est le vrai, le grand amour. Que c’est normal. Après tout, je devais rester, il avait été là pour moi dans les moments difficiles, le deuil, la thérapie, les problèmes d’amitié… il m’avait tellement soutenu et porté. Il m’a surprotégé par moments même. Comment est-ce possible d’être autant lunatique?

Un homme qui dit vous aimez mais qui vous traite mal et qui vous rabaisse constamment, ne vous aime pas, c’est une bêtise de croire le contraire. Il fallait que toutes mes pensées et toutes mes actions soient complètement pour lui, toute ma vie devait tourner autour de lui. Naturellement il s’est mis aussi a critiqué mon entourage. Je devais avoir que des amies qui lui conviennent et évidemment pas de garçon. Et si j’allais à l’encontre de ses choix je subissais de la violence verbale envers mes copines aussi « de toute façon elle c’est une pute, elle n’est pas une fille sérieuse, elle prend des mauvaises décisions et tu dis que c’est ta copine, tu vois pas qu’elle veut te faire du mal » Il voulait m’isoler. Me mettre dans le brouillard, son brouillard.

Évidemment en public rien de tout ça ne se voyait, il était l’homme parfait, il me gâte, il fait tout pour moi, il était si gentil, si protecteur… Qui m’aurait cru si j’aurais dit qu’il exerçait une emprise sur moi? Lui si amical, charismatique et chaleureux. En plus il faisait tout pour toujours me discréditer, alors j’ai fini par y croire moi-même. Doucement j’ai fermé les yeux et je me suis persuadé que tout ça n’existait pas que c’était dans ma tête. Le principe même de la relation toxique c’est que le partenaire arrive à vous faire penser que tout est de votre faute ou que tout ça est une situation normale. Je me disais toujours que je sur réagis et que je dois m’adapter pour lui.

J’ai essayé de partir, plusieurs fois, il s’excusait, il disait qu’il allait changer, que tout serait différent, que je suis tout pour lui et qu’on ne peut pas se séparer. Il a fait en sorte que je dépende de lui et je ne voulais pas le décevoir, je me raccrochais au moment où tout était sublime et bien entre nous. J’ai cru que si je faisais les choses biens tout irait mieux. Jusqu’au jour où les choses vont trop loin et que la violence verbale et psychologique n’est plus suffisante, alors il en est venu aux mains. Les coups dans les murs, les coups dans le vide et… perdre totalement le contrôle.

J’ai eu peur d’étouffer, j’ai eu peur qu’il me fasse du mal. Je me suis senti comme un moins que rien à ce moment-là.

Le pire c’est qu’ensuite il a voulu me faire croire que ce moment n’avait pas existé, il a voulu me faire croire que ce n’était jamais arrivé, qu’il n’avait jamais posé les mains sur moi. Il était irrationnel et désespéré. Je me suis sentie lâche d’être resté dans cette relation. Je me suis sentie lâche de ne pas avoir dit « Stop tu n’as pas le droit de me traiter comme ça ». J’ai perdu toute mon estime de moi, j’avais l’impression d’avoir tout raté. Alors je voulais persévérer et essayer d’attendre qu’il change, je voulais me battre pour deux, c’était en çà que je me trouvais courageuse. On ne change pas quelqu’un qui ne veut pas changer. Un jour enfin j’ai compris que la seule chose à faire était de partir, que je devais m’aimer et me respecter.

Je suis partie mais pas sans peine. J’étais anéantie, plus bas que terre, la culpabilité et la honte n’ont pas cessé de remplir mon cœur. Je pensais que c’est ce qui aller me définir toute ma vie, que je ne mériterais rien d’autre. J’ai mis beaucoup de temps pour remonter la pente et me reconstruire. Comment refaire confiance à quelqu’un, me refaire confiance à moi déjà. La colère m’a consumé mais j’ai voulu m’en sortir, je ne peux pas être en colère contre lui, lui il a besoin d’aide pour s’en sortir il n’a pas besoin de ma colère, non j’étais en colère contre moi d’avoir accepté d’être détruite psychologiquement, d’avoir participé activement à cette relation.

Heureusement je me suis sauvée. Dans tous les sens du terme, je me suis sauvée de cette relation et j’essaie de guérir de ma culpabilité de m’être mal aimé. Je n’ai pas su demander de l’aide au bon moment mais j’ai réussi à partir. Je pense aujourd’hui aux femmes qui n’ont pas encore eu ce déclic et qui pensent encore que la violence verbale, émotionnelle, pire physique est normale. STOP! Il n’y a pas d’espoir pour une « Happy end » pour ces relations-là malheureusement, alors ne vous laissez pas traiter comme ça. Rien n’est de votre faute, aimez-vous toute seule et partez! Vous n’êtes pas obligé de subir et de vous positionner en victime, vous pouvez accepter de vous faire le plus beau des cadeaux, la liberté et la sérénité.

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Voilà, voilà

Amicalement vôtre,

Kath


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