Mon oppressante et déstabilisante fin de grossesse : 3 -ème trimestre, Fin.

On y est, le sablier termine gentiment de se vider, dans quelques jours l’aventure DES 9 mois se terminera. Une deuxième aventure que je n’avais pas pensé mener à ce moment donné de ma vie. D’ailleurs cet aspect inconscient m’a gentiment rattrapé pour m’obliger à y faire face et régler mes conflits internes avant la venue de mon trésor. Après un premier trimestre surprise et incertain, un deuxième trimestre magique et revigorant je me confronte à un troisième trimestre qui me pousse dans mes retranchements.

Un troisième trimestre remplit de sentiments que je déteste, des sentiments que j’ai combattu depuis plusieurs années et qui sont revenus pour me narguer. Enfin bon, allons-y dans l’ordre.

Les GROS changements physiques du troisième trimestre

Ayant pourtant vécu ma première grossesse il y a seulement quelques mois, je pensais avoir tous mes souvenirs encore « frais » et mener, cette fois-ci, toute ma grossesse avec beaucoup plus de préparation et de ténacité pour l’aspect des contraintes. Quelle bonne blague ! Dès la fin du 6e mois je me suis fait rattraper par la réalité, une réalité que l’on oublie bien trop vite ou peut-être me suis-je surestimée? La sciatique de grossesse qui avait jusqu’à présent été docile s’est dit qu’elle allait passer à l’offensive… La fatigue complice à l’anémie, que je n’avais presque pas connue cette fois-ci, ont décidé d’appeler toutes les troupes sur le front afin de ne pas me laisser de répit. L’essoufflement s’est mis à tirer à bout portant. Et évidemment les remontées acides et l’estomac sensible ont balancé les grenades lacrymogène afin que je me retrouve dans le brouillard complet. Enfin les insomnies ont profité de ce chaos général pour miner le terrain…

Jusqu’à présent je n’étais pas à plaindre, sur tous les plans, m’occuper de mon bébé de 1 an, faire mes tâches quotidiennes ou même encore des loisirs, dormir paisiblement, rien n’était source de grandes difficultés. Je vivais cette grossesse avec une disponibilité de mes capacités physiques beaucoup plus reposante que pour la première fois. Même au niveau de la prise de poids je trouvais cette étape effrayante, alors qu’à l’heure où j’écris, j’ai pris 3 kilos ! Je ne pensais vraiment pas avoir ce parcours, ayant pris 8 kilos la première fois, en essayant de faire plus au moins attention, je m’étais objectivé à 8/10 kilos aussi pour cette deuxième grossesse. Et quelle surprise de voir que le compteur ne s’est pas emballé. Je n’ai aucun mérite à ce sujet, j’ai une digestion extrêmement longue depuis le début de la grossesse, je ne mange que’1 ou 2 repas dans la journée, j’ai de l’appétit 1 jour sur 2, quand j’ai de la chance, donc je ne mange pas grand-chose, je mange d’ailleurs n’importe comment quand j’ai, enfin, faim.

En contrepartie de ce point « positif » mon ventre n’est pas resté petit pour autant. J’ai un bon et beau gros ventre, plus gros que la première grossesse. Ce qui implique que ma peau à du mal à tenir le coup avec deux grossesses rapprochées. J’avais énormément complexé quand j’ai vu mes vergetures apparaître lors du premier round, cette fois-ci le travail psychologique est deux fois plus dur. Je trouve que mon ventre est « dévasté », parfois ça m’en rend malade… évidemment je mets de l’huile et de la crème plusieurs fois par jour depuis le premier mois de grossesse, mais rien n’arrange la situation. Au-delà d’en avoir c’est vraiment la couleur de mes vergetures qui me complexe, elles ne sont pas blanches ou brunes à se fondre dans le tout, non, elles sont rouges et rose vives comme si j’étais griffé par une bête sauvage. C’est une étape physique difficile à surmonter pour moi, même si j’ai beau positiver, me rassurer et écouter les encouragements de mon conjoint.

Si physiquement j’ai vécu la deuxième guerre mondiale très expressivement, psychologiquement j’ai plutôt vécu la guerre froide, sournoise et sans relâche. 

Les émotions de la dernière ligne droite:

Je me suis retrouvée face à une situation totalement différente que ma première grossesse! Déjà impossible de couper le lien avec ma fille, alors cette fusion me dévore d’inquiétude. Je suis désespérée à l’idée de devoir la faire garder pour mon accouchement (on n’a jamais été séparés plus de 4/5 heures), je suis malade à l’idée de ne pas la voir lors de mon séjour à la maternité, je suis malade à l’idée de dormir sans elle, juste d’écrire ces lignes j’en pleure et tremble de panique…Alors je me retrouve face à un sentiment que j’ai voulu vite mettre de côté lors des premières semaines de grossesse, j’ai la sensation horrible de trahir ma fille et de la délaisser. J’ai essayé pendant toute la grossesse de me préparer mais j’ai beaucoup de mal à trouver les ressources en moi.

Une oppression qui réveille d’autres sentiments que je déteste… l’angoisse, la panique, la solitude, la déception, la colère… Ces parasites qui profitent de ce cheminement compliqué pour moi, pour venir appuyer sur d’autres blessures qui font mal.

C’est inédit pour moi de terminer cette deuxième grossesse seule, pour ma fille, j’étais chez moi, entourée de ma famille, ma maman surtout, j’étais tout le temps occupé, les craintes du quotidien et l’anxiété de la fin de grossesse se dissipaient assez facilement malgré le manque de mon chéri, mon esprit était toujours accaparé par l’effusion de trop! Trop de familles, trop de copines, trop de sorties, trop d’activités, trop de discussions, ce trop réconfortant qui m’a permis d’oublier l’absence de mon homme. Je vis complètement l’opposé cette fois. Entre le confinement et le contexte actuel qui sont pesants, le froid de l’hiver et la morosité des énergies actuelles. Mon chéri est « là », oui, entre le travail et le quotidien, on vit cette grossesse ensemble cette fois-ci, mais à l’inverse j’ai le vide total pour le reste, ce qui amplifie encore plus le lien fusionnel entre ma fille et moi.

J’avais mis du temps, auparavant, à « me suffire à moi-même » moi qui ai toujours aimé cette vie de « trop » et qui aime être sollicitée et entourée. J’ai dû me confronter brutalement à l’amertume de la solitude pendant ce dernier trimestre. Forcément quand l’amertume arrive, la colère ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Mon cœur s’est noirci de tellement de colère pour tout et n’importe quoi, pour tout et n’importe qui, une peur de l’abandon et du rejet presque incontrôlable, voire parfois injustifiable. Des sentiments qui me poussent, qui sont tenaces, qui se transforment en rancœur et qui me mettent face à une part d’ombre de moi que je ne voulais plus voir. Le vide et l’obscurité qui m’ont toujours apeuré.

J’ai pourtant tellement de raison de vivre dans la reconnaissance et la gratitude, alors c’est encore plus difficile pour moi d’accepter que ces sentiments s’emparent de moi. Mais je pense qu’ils sont là pour me pousser vers autre chose, une autre étape de ma vie, ou peut-être une belle cachette douillette pour ne pas aller vers cette « moi » inconnue, qui me fait définitivement trop peur ? Une colère qui me permet confortablement de ne pas affronter les questions « existentielles et banales » : vais-je y arriver, vais-je être à la hauteur, vais-je être une bonne maman pour ces 2 petits trésors, ai-je fait les bons choix? Suis-je déçue de moi? Comment dois-je envisager l’avenir?

Le lâcher prise et la résilience que j’ai été capable de faire et d’instaurer dans ma vie avec ma première grossesse sont en train de voler en éclats. Je sais que le progrès se trouve dans la difficulté et j’avais réussi à instaurer une zone de confort que je dois dépasser pour évoluer vers cette nouvelle vie, cette « nouvelle moi » que je vais rencontrer en tout plan.

En conclusion :

Je n’imaginais pas que cette fin de grossesse serait aussi éprouvante physiquement et mentalement. Je travaille sur moi et j’essaie de me concentrer sur les derniers préparatifs doucement et sûrement. Je suis fascinée par ce pouvoir féminin, ce pouvoir de porter la vie en la créant étape après étape, pouvoir, peut-être dont je me suis déconnectée ces dernières semaines en passant trop mes ressentis par le mental? J’ai parfois oublié que le cœur de mon bébé et le mien battent à l’unisson, j’ai parfois oublié que ce petit à juste besoin que je le caresse et que j’oublie tout le reste, j’ai parfois oublié que tout l’amour dont j’ai besoin est là en moi et que je dois juste le distribuer pour eux, mes lumières. Mon ventre est encore quelque temps sa maison, il était la maison de Perle aussi pendant 9 mois et je me sens tellement reconnaissante et chanceuse d’avoir vécu deux belles grossesses si sereinement!

Ce (long) article de bla-bla me permet de me rappeler que je fais de mon mieux avec mes capacités actuelles et que chaque phase du processus à son importance. La prochaine fois que j’écrirai je serais maman de deux enfants. Tout me semble si irréel encore, mon fils me semble si abstrait pour le moment, pourtant je le touche du bout des doigts.

J’ai achevé ma première grossesse en pensant déjà au 2e enfant, mais cette fois-ci je termine ma grossesse en pensant à comment tout mettre en œuvre pour incarner la femme que je veux être, en réalisant qu’il est temps que je prenne du temps pour me faire (re)naître moi. La maternité m’a dévoilé tellement de facettes et de ressources auxquelles je dois me familiariser, la place de la parentalité dans notre couple nous pousse brutalement vers un renouveau illimité. Alors j’ai envie de travailler avec toutes ces nouvelles données, envie de bénéficier de cette énergie puissante et qui sait … dans quelques années peut-être revivre ce voyage magique. Après tout jamais 2 sans 3.


Photos réalisées par @katiacj_photography (son insta) sur Versailles


Voilà, voilà,

Amicalement vôtre,

Kath


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