En devenant maman j’ai découvert la persécution moderne et silencieuse

Être maman, en tout temps, n’est pas chose simple et de nos jours c’est de plus en plus difficile. Entre les jugements de l’entourage, la pression de la société et la culpabilité personnelle, la charge mentale d’une mère ne cesse d’augmenter. Finalement pour ne jamais se sentir à la hauteur dans ce rôle tellement épanouissant de maman.

L’image que l’on doit tenir au quotidien déjà en tant que femme moderne, dans cette société, est un statut rempli de contradictions et de règles intenables. Il faut absolument être dans la « norme » pour s’épargner les jugements et les remarques environnantes. Être une femme active, une bonne épouse, garder la ligne en étant sportive, être coquette, militer pour être « l’égal des hommes » et j’en passe pour les préjugés et la pression que portent les femmes sur leurs épaules sans cesse.

J’ai constaté qu’il y a un moment de la vie d’une femme qui devient particulièrement difficile à gérer, c’est l’étape de la maternité ( ou du choix de la non-maternité d’ailleurs). Devenir maman de nos jours nous confronte à des choix complexes et à un éventuel changement de vie, on se pose beaucoup de questions, on veut le meilleur pour nos enfants mais la définition du « meilleur » pour nous n’est pas la même pour tout le monde y compris pour notre entourage et la société.

Le jour où j’ai décidé de devenir maman, j’ai constaté que les choix à faire se multiplient, entre l’alimentation, le mode de garde, le sommeil, le change, les produits à utiliser etc. J’ai surtout réalisé que nous sommes dans une société ou au lieu d’être accompagnée, nous sommes constamment jugé, critiqué ou pire persécuté. Face à nos « détracteurs » il faut avoir le moral en acier parce que vos nerfs vont être mis à vif constamment par le corps médical, par la société, par les autres mamans autour de vous et même par vos propres proches, que ce soit vos amis ou votre famille.

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J’ai réalisé qu’il y a un vide tellement immense en matière d’accompagnement et d’empathie concernant la maternité. C’est à ce moment, que j’ai compris que beaucoup de femmes vivent sous cette persécution perpétuelle et avec un manque de confiance en elle constant. Comment élever un enfant sainement, comment mettre en place des bases solides pour une future adulte si en tant que future maman ou maman on nous persécute au lieu de nous accompagner et de nous élever? Aucun choix n’est le « bon ». Au lieu d’aider les femmes à être bien informé et tout simplement à être bien accompagné, la plupart du temps c’est la « guerre » des préjugés.

Partons sur l’exemple de l’allaitement qui était pour moi le plus paradoxale.

Tu veux allaiter? Très bien, c’est ce que l’OMS recommande, c’est merveilleux pour le bien-être et le développement de l’enfant, par contre c’est un des sujets phares de stress et de jugement. N’allaite pas dans les lieux publics, n’allaite pas à la demande mais fixe un rythme, n’endors pas ton enfant sur le sein, l’allaitement rend dépendant, un enfant allaité ne fait pas ses nuits, l’allaitement fait mal, l’allaitement abime les seins etc. L’allaitement est un sujet tellement controversé alors que c’est simplement la nature qui en a décidé ainsi, le lait en poudre et la pudeur n’existaient pas au commencement de l’homme, simple information, pour les gens qui sexualisent ou rabaissent l’allaitement.

Tu souhaites donner le biberon (du lait en poudre)? Dieu seul sait à quel point j’ai pleuré lorsque j’ai fait ce choix pour mon deuxième enfant. Pourquoi? J’ai tellement lu de choses sur la composition des laits en poudre, j’ai tellement entendu de vertu sur le lait maternel, j’ai tellement eu peur de mal faire ! Sauf que chacun fait avec les capacités et les ressources que l’on dispose. Une maman a le droit de ne pas allaiter malgré les multiples bienfaits, ou elle a le droit de vouloir faire une pause de temps en temps et passer au mixte. Mais mal alimenter son enfant fait peur. On subit des compositions de laits néfastes pour nos bébés, on nous ment énormément sur les ingrédients et leurs traçabilités, alors c’est une pression permanente pour la maman. J’hésite encore à allaiter mon deuxième enfant, j’ai mes raisons alors que j’ai fait un allaitement plutôt long pour ma fille. Je me mets énormément la pression sur ce sujet car je culpabilise de ne pas offrir « le meilleur » encore une fois à mon enfant. Je suis partagé et il est rare de rencontrer des gens « accompagnateurs et empathiques ». J’ai déjà eu droit à des « Tu ne va pas refaire comme avec Perle, regarde ce que ça donne », ceux qui m’horripilent le plus sont les remarques sarcastiques « Tu vas faire du co-allaitement? Un tété pour chacun », « laisse le papa plus participer cette fois », « Ah si! Il faut que tu allaites tu l’as faits pour Perle, l’autre ne va pas comprendre pourquoi pas lui », « Tu l’as bien fait pour Perle, tu peux recommencer ». Stop en fait ! Laisser les gens décider ! Parfois les gens ne se rendent pas compte que leurs avis sont contre-productifs, c’est bien là le problème dans la maternité tout le monde veut donner son avis, tout le temps, mais pas forcément dans l’intérêt de la maman.

Si seulement « la persécution » s’arrêtait à l’alimentation mais ce n’est que le commencement. Ensuite il y aura le sommeil, la fréquence du bain et j’en passe. La persécution va même jusqu’au sexe de l’enfant : « Tu veux une 2e fille, ce n’est pas sympa pour le papa, il faut faire perdurer le nom » « C’est mieux une fille comme sa Perle aura une sœur » « J’espère que tu auras un fils comme sa tu auras la paire » … Dans la plupart des cas les gens ne pensent pas en mal avec leurs remarques. Ils deviennent sans le réaliser acteurs de la persécution moderne.Il y a beaucoup trop de personnes qui vous utilisent en miroir de leurs frustrations, qui aiment être moralisateurs, qui veulent un mini adulte en tant que bébé ou qui sont juste « sans cœur »…

La goutte de trop qui m’a donné envie de parler de ce sujet c’est mon suivi gynécologique actuel. Je suis en obésité, d’après mon IMC, j’ai une gynécologue qui est focus uniquement sur ce point. Selon elle au vu de mon poids je dois prendre au maximum 2 kilos et c’est mieux si je ne prends rien du tout. Lorsque je lui ai dit que pour Perle j’ai pris 8 kilos elle a trouvé que c’était beaucoup trop. Sachant que mon gynécologue précédent m’avait dit qu’il est préférable de ne pas prendre plus de 12 kilos. Comment expliquer ces deux versions? Je gère très bien mon rapport à mon poids, de plus je suis extrêmement bien renseigné sur l’impact de ma prise de poids par rapport au bébé médicalement parlant je n’attends pas que les informations tombent du ciel, je me renseigne. Du coup cette persécution vis-à-vis de mon poids à chaque rendez-vous ne m’atteint pas. Puis je me suis mise à la place d’une autre femme, une femme qui ne serait déjà pas bien dans sa peau de base, une femme qui n’est pas informée médicalement sur la situation, comment cette femme fera face à un professionnel de santé qui lui dit à demi-mot « Vous mettez en danger votre enfant », »Vous êtes trop grosse », l’hypocrisie de tout cela c’est que cette gynécologue ne m’a pas parler d’accompagnement nutritionnel ou donner des conseils, non c’était pour moi de la persécution gratuite. Une autre femme pourrait très mal le vivre dans son quotidien, se sous alimenter pour ne pas grossir, ne pas manger ceux qu’elle aime et vivre toute sa grossesse frustrée, finalement avoir un état d’esprit fragilisé alors qu’elle vit l’un des plus beaux moments de sa vie. Le corps médical ne réalise pas l’influence qu’ils ont sur les gens, ils ont le pouvoir d’accompagner ou de culpabiliser. Il faut savoir en faire bon usage.

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C’est pour cela qu’il y a un message important que j’aimerais faire véhiculer: on ne rate pas sa maternité (et/ou sa parentalité), on fait de son mieux avec les capacités dont on dispose à l’instant T. Bien sûre qu’on peut toujours mieux faire, on peut se dépasser mais ce n’est pas une compétition et la société essaie trop souvent de nous faire croire que si, qu’il existe des mamans parfaites en tout. Au lieu de valoriser les mamans ont leurs demandes encore et toujours plus! Cette oppression est devenue normale, pire on y participe en toute conscience.

J’aimerais que les gens puissent vivre en phase avec leurs choix, se déculpabiliser au maximum sur les choses futiles car être parents est déjà un long voyage dans la culpabilité tout au long de notre vie. J’aimerais tellement que les futures et jeunes mamans prennent confiance en elles et profitent de la beauté de cette étape.

Vous fabriquez la vie dans votre ventre, vous donnez la vie. Concentrez-vous déjà là-dessus ensuite le reste de vos choix vous regarde, ne vous laissez pas persécuter ou ne rester pas dans l’oppression.

Voilà, voilà,

 Amicalement vôtre,

Kath


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