Les jours où c’est trop difficile d’être grosse

Je suis grosse. Je ne me cache pas derrière des faux-semblants ou je n’ai pas une image erronée de moi, je suis grosse. Le souci ne se trouve pas là dans cette généralité, dans cet état puisque j’assume mon apparence et au-delà de ça j’ai même de l’amour et de la bienveillance pour mon corps et son reflet. Au-delà de ça il y a des jours où c’est trop difficile, des jours où le mental lâche et où l’on doit mener une guerre intérieure avec beaucoup de fracas. J’ai décidé de vous parler de ces jours-là, sans tabou, ni honte.

Pré requis :

Que les choses soient bien claires cet article n’est pas un article de lamentation ou de désespoir, mais une partie de mon cheminement dans mon introspection, il y a des jours où le mindset n’est pas optimal, ces jours-là il faut juste l’accepter et réussir à en tirer des leçons sans y rester figé.

Ma vision de la beauté.

J’ai dépassé la vision des standards de la beauté depuis quelques années déjà. Paradoxalement j’étais mal dans ma peau lorsque j’étais mince, enfant et jusqu’à mes 20 ans vous m’auriez demandé quels sont les critères de beauté sans aucun remords la minceur était dans mon top 3. Je m’acharnais sur mon corps pour qu’il rentre dans la norme que j’avais décidée, quand je suis passé du 36 au 38 j’en suis tombé malade tellement je me dégoutais. Je vomissais 50% de mes repas, je prenais des draineurs, des compléments alimentaires, je ne manquais pas ma séance de sport, je me sous alimenter … De plus je n’avais que peu de tolérance pour ceux qui n’en faisant pas de même, je ne comprenais pas qu’ils se contentent de leurs situations sans essayer de la dépasser.

Puis un jour j’ai dû faire face à mes démons les plus profonds, j’ai mis du temps à comprendre que mes soucis d’apparence physique cachaient de réels troubles mentaux et que je devais les résoudre. J’en avais assez de souffrir, j’en avais assez de me rabaisser et surtout j’en avais assez de m’auto torturer. Après des années de thérapie, d’introspection et de développement personnel j’ai réussi à changer mon regard sur moi et grossir était pour moi libérateur, comme une rébellion de liberté, comme si enfin je lâchais prise et que j’abandonnais le boulet que je trainais. Je vous le disais, c’est complètement paradoxal.

Ma définition de la beauté avait changé, être belle est devenu un état d’esprit, un bien-être interne et un concept. Alors je me suis mise à me trouver belle, en 38, en 40, en 42 puis les tailles et les chiffres sur la balance n’ont pas cessé de s’envoler.

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Alerte : Il y a des jours où l’état d’esprit ne fais pas le poids face aux démons intérieurs et à la société.

J’ai beau travailler sur moi, j’ai beau déborder de bienveillance et de positivité envers moi, il y a des jours où être grosse est difficile à vivre. Je ne parle même pas du regard des autres, je ne parle pas de la comparaison avec les autres, je ne parle pas du régime alimentaire. J’assume tout ça, je le valorise même et je m’enrichis de tout cela.

Je vous parle des jours où vous vous réveillez le matin et que vous réalisez que votre corps ne reflète plus la personne que vous êtes. Je parle des jours où sans vous en rendre compte vous avez cheminé mentalement vers une évolution de vous mais que le physique ne s’est pas encore mise en place. Je parle des jours où vous réalisez que le chemin sera long et difficile pour ré aligner le mental avec le corps. Je vous parle des jours où votre confiance en vous prend la tangente sans que vous ayez pu faire quoique se soit.

Je ne suis pas le genre de fille à manquer d’assurance, pas sur le plan physique, j’ai développé une forte confiance en moi et orienter tout mon état d’esprit en ce sens car je connais mes qualités et je me sers de mes défauts comme outils. Sauf que ce matin-là sans que je m’y attende ma confiance en moi commençait à se dissipait, tout était dans le flou et mes anciens démons recommençaient à me narguer. Alors je suis retombé dans un cercle de culpabilité intense.

J’étais incapable de me regarder dans un miroir. J’étais incapable d’aller essayer des vêtements. Pour la petite histoire récente, mon chéri a voulu me faire plaisir et il m’annonce tout fièrement « je t’emmène en journée shopping pour refaire ta garde-robe, tu prends ce que tu veux je te l’offre, on va où tu veux je reste avec toi toute la journée ». Première chose il faut savoir que sa patience dans une boutique est de 5 minutes donc on ne fait pas de shopping ensemble ou que rarement. Deuxième chose on n’a pas du tout les mêmes goûts pour les vêtements, ils n’aiment pas forcément mes choix. Donc hormis l’aspect financier de « je t’offre ce que tu veux », l’attention de cette démarche est énorme pour moi. Evidement je me suis mise une pression de fou, on faisait les magasins mais j’étais morte d’angoisse a l’idée de ne pas trouver ma taille, j’étais paralysé quand on trouvait de jolies pièces et que je devais lui expliquer qu’il n’y a pas ma taille, j’étais tétanisé à chaque fois que je devais aller dans une cabine et que je ne pouvais pas échapper aux miroirs et aux éclairages… j’ai fini en pleurs bien évidemment même pas après 3 boutiques.

Mari « parfait » qu’il est, il m’a consolé et m’a forcé la main pour vider mon cœur, il ne s’attendait pas à autant de souffrance, à vraie dire même moi je ne m’y attendais pas. J’ai dû faire face à la vérité en lui expliquant que l’image de la femme de mes rêves est en train de s’envoler, je ne peux pas m’habiller avec les vêtements qui me font plaisir, je ne peux pas collectionner les fringues, je n’arrive plus à marcher dans des talons, je n’ose plus mettre des robes à fines bretelles parce que je complexe…

JE COMPLEXE, il a fallu me l’arracher de la bouche celui-là parce que je ne voulais pas me rendre à l’évidence que j’en étais arrivé à la. Je ne suis pas en phase avec cette idée, complexer faisait partie de mon quotidien étant mince, je m’étais juré que jamais plus je ne m’infligerais ce concept qu’est « le complexe ».

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Et à partir de ce moment je suis retombé dans une introspection houleuse pour savoir qui je veux être et comment je veux l’être. Voilà les jours où c’est trop difficile d’être grosse.

« Pourquoi je m’inflige ce bagage ? Pourquoi je garde cette image de « grosse »? Pourquoi je ne change pas? Pourquoi je ne mange pas mieux, je ne fais pas plus de sport? Pourquoi je n’offre pas à mon homme la femme qu’il mérite d’avoir à ses côtés? Pourquoi je me suis abimé à ce point? Pourquoi mon physique n’incarne pas la femme que j’ai dans la tête? »
La culpabilité est un sentiment extrêmement puissant, c’est un serpent qui se cache en silence et qui surgit dès que vous baisser la garde, il n’a pas de loyauté et il vous attaquera dans le dos afin d’éviter le combat à arme égale.

Je me suis laissé attaqué, j’ai baissé ma garde sans m’en rendre compte. J’étais tellement prise dans une période de transition entre ma nouvelle vie de maman et de mère au foyer que j’ai finis par m’oublier. J’ai fini par oublier mes attentes de femme et chasser le naturel il revient au galop! Je suis une maman extrêmement fière et épanouie mais j’ai oublié le positionnement que je voulais avoir en tant que femme alors le doute à commencer à s’installer en moi et il s’est attaqué à la faille la plus fragile, le physique. La transition que je vis ne correspond plus à mon image actuelle, mon corps me tire le signal d’alarme mais mon mental résiste car changer et surtout mettre les choses en place pour changer reviendrait à démanteler tous les processus par lesquelles je suis passé pendant 8 ans.

Sauf que tant que mon mental et mon corps ne s’alignent pas je vais rester dans une souffrance atroce. Pourquoi la garder chaudement autour de moi comme un manteau? Pourquoi me faire du mal? Je dois démêler les nœuds.

Pour y arriver je sais aujourd’hui que je dois accepter une chose, c’est que mon corps va encore changer, j’ai pris du poids mais j’en perdrais certainement, j’ai donné la vie et je ne ressentirais plus jamais mon corps de la même façon, je redonnerai certainement la vie alors en 9 mois mon corps va se métamorphoser encore et je vais devoir l’accepter avec bienveillance, le postpartum n’est pas figé dans le temps et mon corps va en payer le prix, j’ai testé mon élasticité mais je peux faire machine arrière si j’en ai envie.

Mon corps n’est pas figé, voilà ce que je dois me dire comme discours positif afin de pouvoir réaccorder mes violons.

Les jours où c’est difficile d’être grosse je dois aussi me rappeler à quel point j’ai souffert d’être mince, afin de réaliser que la difficulté ne vient pas de mon corps, la difficulté est à résoudre dans mon esprit. Le combat n’est pas contre mon corps, le combat n’a pas lieu d’être il suffit d’accepter que tout soit transformation et j’emmènerais mon corps là où il veut aller quand mon esprit sera prêt pour le voyage.

Mince ou grosse, les jours où c’est trop difficile, les jours où vous pensez que c’est votre corps qui va mal, n’oubliez pas d’aller cogner à la porte de votre inconscient, la réponse est en général douloureuse mais le voyage en vaut la chandelle.

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Voilà, voilà;

Amicalement vôtre;

Kath

 


4 réflexions sur “Les jours où c’est trop difficile d’être grosse

  1. Bel article, très touchant et plein de sincérité ! Ne te mets pas la pression, tu trouveras l’équilibre que tu souhaites entre ton mental et ton corps. En tout cas tu es une superbe personne autant intérieurement qu’exterieurement. Bises belle Kath

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