Passer de la femme active à la mère au foyer

Voilà 1 an que je ne travaille plus. Entre le congé maternité et la décision d’arrêter de travailler pour garder ma fille moi-même, ma vie a pris un tout nouveau tournant. Un virage à 180 degrés qui me faisait extrêmement peur et que je n’aurais jamais imaginé auparavant. Je vous emmène avec moi dans les coulisses d’une « ex-Working Girl » reconvertie en mère au foyer.

Mon ancienne vision du travail :

Aussi loin que je m’en souvienne j’ai toujours travaillé. Vraiment. J’ai grandi avec l’éducation que le travail c’est la santé et qu’il fallait travailler pour être autonome. Alors déjà enfant je voulais travailler, à la hauteur de mon âge bien sûr. J’ai commencé tout bêtement, en rendant des services à mes grands-mères ou mes parents, entre le ménage, faire leurs courses, du baby-sitting, laver la voiture (j’aurais pu faire carrière dans le car wash tiens ^^ ). Travailler à toujours fait partie de mes valeurs hautes, il m’en dégageait un sentiment de fierté, de force, de sécurité et surtout de liberté.

Forcément dès que j’ai eu l’âge d’être employé je ne m’en suis pas privé. Je travaille depuis mes 17 ans, entre les distributions de flyers, les opérations de marketing, les soirées évènementielles etc . Pour moi une femme libre c’est une femme qui travaille, une femme courageuse c’est une femme qui se tue à la tâche, une femme attractive c’est une femme qui travaille, voilà mes croyances les plus profondes et j’ai mis bien des années à les démanteler.

Comment se détacher de cette image de femme travailleuse quand on est entourée que de femmes qui ont passé leur vie entières à travailler? J’ai grandi entre mon arrière-grand-mère, mes grands-mères, ma tante et ma mère qui travaillent depuis leurs plus jeunes âges. D’ailleurs peu d’entre elles avait un homme à leurs côtés pour les aider sur le plan financier, elles devaient toujours travailler, comme si l’inverse n’était pas autorisé. Ma mère n’a jamais cessé de travailler, je me souviens de ses petits boulots qu’elles enchainaient la journée, de ses heures de formation qu’elle faisait seule à la maison après le travail, je me souviens de toutes ces fois où elle a dû nous laisser à nos grands-mères pour aller travailler. C’était de toute façon le seul choix possible.
Alors travailler vite, dure et tôt était pour moi une manière de leur rendre hommage, de me mettre à leurs hauteurs et de justifier mon existence de femme.

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Devenir carriériste :

Enfant j’avais déjà l’esprit du travail oui, mais je rêvais aussi à des métiers prestigieux. Finalement j’ai commencé à travailler tôt, je n’avais pas la patience de faire de longues études ou des grandes écoles, je voulais générer de l’argent maintenant et surtout je voulais me sentir libre sans attendre.
J’ai pourtant essayé de concilier les deux, entre mes études de droit et mes boulots d’étudiante l’équilibre était compliqué.
J’ai fait le tour de tous les jobs étudiants possible (sauf la restauration tiens qui ne m’a jamais intéressé), l’animation commerciale, le métier de commercial, hôtesse de caisse ou encore vendeuse à mi-temps, avant de me rendre compte que je voulais aller encore plus loin et surtout encore plus vite.

J’ai toujours pris ma mère pour exemple, elle avait commencé avec rien, aucun bagage et elle avait réussi avec des années de travail à manager un service entier dans le domaine financier!
Pourquoi n’en ferais-je pas autant?
Je voulais avoir les mêmes armes et gagner les mêmes batailles.

Alors j’ai arrêté mon droit, très enrichissant ceci dit mais pas ma vocation, je me suis consacré pleinement à ma carrière de vendeuse. J’ai travaillé aussi dure que j’ai pu, j’ai appris en autodidacte quand c’était nécessaire et surtout j’ai sauté sur les opportunités quand elles se présentaient même quand j’avais peur.
Et j’ai eu raison car en 5 ans dans la vente j’ai réussi à devenir responsable de magasin dans la cosmétique dans un quartier attractif de Paris.
Sans diplôme dans la vente, sans diplôme dans le management, sans formation dans le cosmétique et le maquillage. J’ai tout appris seule, j’étais tellement fière de mon parcours.
Enfin j’étais digne d’être une femme, une femme au sens des femmes de ma famille.

En quoi la grossesse a tout changé?

Avant de tomber enceinte ma vision du travail avait commencé à changer. Me lever tous les matins pour enrichir des gens qui n’ont pas forcément les mêmes valeurs que moi, était-ce la seule chose pour laquelle j’aspirais? Gravir les échelons en valorisant des chiffres et non de l’humain me faisait il vibrait? Promouvoir une image de la beauté extérieure avant de valoriser la beauté intérieure était ce une idée en phase avec moi?

Non je rêvais d’autre chose, je rêvais de travailler avec les gens, je rêvais d’apporter le meilleur de moi, de transmettre l’essence même de mon âme aux autres. Mon âme n’est pas que vente, chiffre, management, beauté, soin et maquillage. Je m’épanouissais de moins en moins dans mon quotidien.
Je ne voulais plus travailler pour travailler. Je ne voulais plus générer de l’argent sans valeur. Ma liberté était finalement devenue ma prison dorée.
J’ai porté la vie et j’ai décidé qu’il en serait autrement. J’ai eu un déclic. Je ne voulais pas payer quelqu’un, pas dans l’immédiat en tout cas, pour élever ma fille. J’ai trouvé l’essence de mon âme, j’ai trouvé mon chemin de vie et ma vraie valeur. C’est ma fille.

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La vie de mère au foyer

Dans mon ancienne vision du travail et de la vie, c’était rabaissant d’être une mère au foyer, n’oublions pas pour moi le travail en tant que femme était une force à mes yeux.
Porter la vie, donner la vie, transmettre la vie, éduquer selon ses valeurs, veiller sur son enfant c’est là la véritable force de la femme.
Je ne voulais pas faire autrement, je ne voulais pas laisser ma fille tous les matins et aller dans un travail qui me frustrait. Je ne voulais pas faire ce choix chaque jour.

Alors j’ai pris la grande décision que je garderais ma fille, c’est ma vocation, en tout cas jusqu’à ce que je trouve autre chose qui me fasse autant vibrer que d’être à ses côtés, car pour moi ce n’est pas un fin en soi ce métier.
Bien sur on a dû s’adapter avec mon mari, on a dû revoir notre mode de vie, nos dépenses et nos projets afin qu’ils correspondent avec cette nouvelle réalité. Je lui suis tellement reconnaissante de me donner cette opportunité, je suis tellement reconnaissante qu’il soit en phase avec ma vision de l’éducation et que pour lui aussi ma place se trouve auprès de ma fille dans ces moments si important pour elle.
Je suis consciente qu’on n’a pas toutes la possibilité de le faire, travailler est souvent une obligation pour répondre aux besoins du foyer et de nos jours un seul salaire ne suffit pas forcément. Chez nous on a fait, on en fera encore d’ailleurs, des sacrifices sur certains points afin de pouvoir vivre cette chance.

La vie de mère au foyer est bien différente que celle que j’imaginais. Je me demandais « mais que font ces femmes toutes la journée chez elles? » Je pensais tellement négativement à ce sujet je me disais « certainement la grass mat, les émissions de télé réalité ou les feuilletons bidons, les commérages avec leurs voisines et être la servante pour leur mari alors que leur enfant joue tranquillement tout seul pendant qu’elles font leur vie Elles doivent se taper le ménage, le repassage et les ptits plats sans arrêt « .

Oh non ce n’est pas ma vie !

Je suis encore plus matinale qu’avant, oui puisque quand Perle se réveille je n’ai pas le temps pour moi ou les tâches ménagères.
Je regarde mon feuilleton, mea culpa, je le faisais aussi quand je travaillais. (Feux de l’amour à la vie à la mort )
Je fais des tâches ménagères mais j’ai le luxe de faire des déjeuners et des balades avec ma fille et mes amies.
J’essaie d’être une petite femme parfaite, de faire la cuisine et le rangement, mais Dieu merci je n’y arrive pas vraiment car ce n’est pas moi et mon mari ne m’en veut pas, Il n’essaie pas de me transformer en une femme qui ne me plaît pas, il n’utilise pas l’excuse « tu es à la maison alors tu as le temps de t’occuper des tâches ». On est resté une équipe pour tous ces points, voilà tout.
Surtout je passe 90% de ma journée avec ma fille, je m’occupe d’elle entièrement, je lui fais des petits plats maison quand je peux, je l’éduque, je rigole avec elle, je l’emmène visiter le monde, on va voir nos copines, on s’amuse ensemble, je l’allaite aussi…

Je m’autorise même à m’occuper de mes passions, quand Perle me laisse le temps, l’écriture, les lectures, les formations en développement personnel etc

Ma vie de femme au foyer n’est pas celle que j’imaginais car je la construis sur mesure pour qu’elle me ressemble, je la construis sur mesure pour que j’en sois satisfaite, pour que ma fille sache que je suis là pour elle mais que cela n’empêche pas que je sois aussi une femme épanouie auprès d’elle et que ce n’est pas une obligation ou un passe temps de la garder mais une vocation!

J’ai aimé ma vie de femme active et aujourd’hui j’aime ma vie de mère au foyer. Je sais que j’aimerais aussi la prochaine étape de ma vie tant que je reste en phase avec mes valeurs.

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Voilà, voilà, 
Amicalement vôtre,

 
Kath


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