Mes ressentis en tant que nouvelle maman, les 3 premiers mois.

Après 3 mois dans la peau d’une jeune maman je peux enfin donner mes ressentis, raconter comment j’ai vécu le début de cette nouvelle vie qui me rend extrêmement heureuse et parfaitement épanouie, mais qui est assez éprouvante, je vais donc m’atteler à vous exprimer mes sentiments sans aucun filtre.

Parfaitement épanouie je disais, ce n’est pas toujours le cas surtout au début.
Selon moi avant de faire un enfant et même lorsque l’on est enceinte, on ne nous prépare pas assez à toute cette nouveauté. Je vais partir d’une vérité générale : « la maternité est l’une des plus grandes joies de la vie », c’est ce que j’ai entendu dire depuis toujours. Partant de cette vérité je me suis mis une pression énorme pour « être heureuse et parfaite en tant que femme » et pour être la meilleure des mères qui existe pour ma fille.

Alors se mettre autant de pression et croire que devenir maman c’est le monde des « bisounours » ne font pas bon ménage face à la réalité.
Voilà pourquoi les 3 premiers mois avec bébé demandent beaucoup de patience. La patience c’est selon moi le mot-clé de l’adaptation à cette nouvelle vie. Tout est nouveau, tout est intense, tout est important et fort, il est difficile de prendre du recul afin de comprendre ce qui est en train de se passer en nous. Il est impératif de prendre le temps qu’il faut pour trouver sa place et s’affirmer dans ce nouveau rôle avec bienveillance envers soit même.

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Le premier mois

Le premier mois est époustouflant dans tous les sens du terme, semblable à des feux d’artifice, sa monte et ça redescend crescendo et à la fin on en redemande. J’ai vécu des émotions que l’on ne peut même pas imaginer. On vient de donner la vie, un petit être précieux est sorti de notre corps, un être avec qui on a partagé 9 mois et maintenant il faut être « maman ».
J’ai vécu ce premier mois en dents de scie. C’était merveilleusement dur. Je réalisais à peine que j’étais mère qu’il fallait être d’attaque pour s’occuper de bébé tant physiquement que moralement.

La partie physique était pour moi la plus difficile à vivre. Mon corps en avait pris un sacré coup, après 3 jours d’accouchement (mon col ne s’ouvrait pas) et des douleurs de la symphyse pubienne depuis le 5 -ème mois, j’ai mis beaucoup de temps à retrouver des sensations « normal » (à vraie dire au jour J ce n’est toujours pas le cas). Je marchais à peine, je ne pouvais plus du tout m’allonger, oui je dormais assise avec beaucoup de souffrance, passer de la position assise à la position debout était d’une douleur monstrueuse, j’avais du mal à manger car mon appétit s’était envolé, sans parler de l’allaitement, non je vous ferais un article spécialement sur le sujet je pense, pour ne pas m’éparpiller, j’ai des frissons et les larmes qui montent en vous racontant mes mésaventures. Pas forcément des larmes de tristesse, mais c’est un tout, parce que j’étais dépassé par ce que mon corps me faisait subir, je n’arrivais pas à reprendre le contrôle de la situation et je voulais faire comme si tout allait bien, je voulais retrouver ma forme vite, retrouver mon corps rapidement et être maitre de la situation.

Evidement si la forme physique ne suit pas et que l’on n’arrive pas à lâcher prise cela impacte vite sur le moral. Que dire du moral…

J’étais extrêmement heureuse, donner la vie et vivre la maternité sont incontestablement les plus belles choses dans une vie. Chaque fois que je posais mes yeux sur mon petit bébé j’étais envahi de bouffée de bonheur. Je ne sais pas si les bouffées de bonheur existent mais c’est vraiment ce que je vivais. Mais mes hormones ne m’ont pas fait de cadeaux et j’ai vécu les montagnes russes, j’ai subi un petit baby blues qui m’a secoué. Comment cela s’est-il manifesté ? Une tristesse oppressante, je me caressais le ventre comme si j’étais « vide », j’avais peur de tout, j’avais l’impression de ne pas être à la hauteur, j’avais envie de garder ma fille dans un cocon uniquement pour moi, je pleurais à chaudes larmes sans raison apparente, j’étais comme dans un brouillard constant.

Pire je CULPABILISAIS tout le temps !

Je me sentais coupable de ne pas réussir à me sentir heureuse H24, je me sentais coupable de ne pas réussir à être en forme, je me sentais coupable lorsque mon bébé pleurait, je me sentais coupable lorsque je devais réveillais mon mari car je n’arrivais pas à me sortir du lit pour attraper bébé, je me sentais coupable si je mangeais mal, je me sentais coupable si je ne respectais pas un time ming précis, je me sentais coupable tout le temps et pour n’importe quelle raison. Voilà comment s’est manifesté mon baby blues.
Mais j’ai réussi à reprendre du poil de la bête à partir du 2 -ème mois.

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Le deuxième mois.

Ouf ! J’ai commencé à respirer et éprouver mes sentiments avec plus de « normalités » à partir de cette période. Physiquement les choses commençaient à s’améliorer, mon corps me laisser des moments de répit et surtout j’avais appris des choses essentielles « le lâcher prise envers soi et la déculpabilisation ». Avec le recul je suis contente d’avoir vécu ce baby blues car j’ai approfondi cet état d’esprit que je ne me connaissais pas. J’ai réussi à faire un énorme travail sur moi afin de grandir. Je ne comprenais pas lorsqu’on disait que faire un enfant c’est comme renaitre, maintenant je sais que c’est la vérité car faire un enfant permet de pousser ses limites, d’aller dans nos retranchements pour renaitre, chacun avec nos capacités et selon nos vécus.

J’arrivais à éprouver un bonheur « équilibré ». Le premier mois ma fille ne comprenait pas vraiment qu’elle était sortie de mon ventre et je crois que moi aussi je ne le comprenais pas tout à fait, ce qui a donné lieu à une fusion instable entre elle et moi, je pense c’est une relation qui a favorisé le baby blues. J’arrivais petit à petit à me détacher de l’idée que ma fille ne faisait plus partie intégrante de mon corps, elle était là-dehors, avec moi, prés de moi et non plus en moi. C’était éprouvant comme coupure.

Maintenant que j’arrivais à être plus tolérante envers moi et trouver ma place en tant que mère pour ma fille. Il fallait aussi « prouver » sa place aux autres. Cette étape m’a laissé une amertume et m’a fait ouvrir les yeux sur le fait que les gens ne sont pas assez bienveillants les uns envers les autres. Chacun sert ses propres intérêts, parfois égoïstes qu’ils déguisent comme « le mieux », comme leurs expériences alors qu’en fait, ils retranscrivent leurs frustrations sur vous, vous mère fragile submergée par la vie, les émotions, les questions, la fatigue, le bonheur… Pas tout le monde vous laisse le temps nécessaire pour vous trouver et vous centrer.

Comme je disais j’ai vécu ce positionnement avec une certaine amertume. Pourquoi ? Parce que les gens vous font des remarques bêtes auxquelles vous évitez de répondre pour ne pas créer de conflits !

Même si j’étais en vacances chez moi je ne profitais pas assez des autres, enfin non, les autres nous faisaient des remarques car ils ne profitaient pas assez de nous. Mais je souffrais encore à chaque trajet en voiture parce que j’avais mal au bassin et j’avais besoin de tranquillité pour me retrouver et comprendre ce qui m’arrive. Surtout que j’avais envie de passer du temps avec ma fille pour apprendre à la connaitre sans qu’on envahisse mon espace !

Amer, voilà le mot de mon 2 -ème mois, car je voulais faire plaisir à tout le monde, chaque remarque me prenait au cœur et m’affectait en silence, certaines personnes essaient de vous faire douter de vous et de vos capacités naturelles de maman et même s’ils n’y arrivent pas vous emmagasiner toutes ces petites phrases « innocentes ».

Ce sentiment a commencé à partir lorsque enfin j’ai compris qu’il n’y a pas de méthode parfaite, que je devais me laisser le temps dont j’avais besoin, que personne ne connait ma fille mieux que moi, que je devais laisser les gens avec leurs sentiments et leurs remarques parce qu’être maman c’est aussi apprendre à devenir férocement égoïste, pour sa propre santé mentale et surtout pour son bien-être personnel, qui selon moi est important pour ne pas créer de frustrations pour l’avenir.

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Le troisième mois.

Enfin la plénitude presque totale.

Après être passé par la tempête des sentiments, le brouillard commence à se dissiper. J’ai trouvé toutes mes marques, je me suis accepté dans ce nouveau rôle et j’ai réussi à apprendre la patience et le lâcher-prise nécessaire. Parce que oui, le bonheur est là, grand, immense, intense et inqualifiable. Mais il ne faut pas se mentir le bonheur n’est pas toujours au rendez-vous, surtout quand votre bébé fait les coliques, fait des crises de décharges, ne dort pas la nuit, fait des pics de croissance ou décide de rester coller à vous.

Mais je suis passée par toutes les émotions nécessaires pour découvrir le sentiment de plénitude et d’accord.

Le troisième mois le calibrage qui reste à faire est beaucoup plus doux, une routine commence à s’installer et prendre du recul devient tellement plus simple. S’occuper d’un nouveau-né c’est une étape, ce n’est pas le bonheur absolu tout le temps et si j’avais su qu’il est normal d’éprouver ces sentiments alors je me serais moins mis la pression et j’aurais appris à lâcher prise plus vite. J’ai été très chanceuse pendant les deux premiers mois car j’avais ma maman auprès de moi pour me soutenir et me conseiller dans la bienveillance, j’ai pu profiter de m’occuper uniquement de Perle car je n’avais pas à me soucier de la lessive, le nettoyage ou faire la cuisine.

Au 3 -ème mois les choses ont changé car nous sommes rentrées chez nous. Encore une fois j’ai pu me dépasser et me recentrer car j’ai dû mettre de nouvelle chose en place afin de saisir mon nouveau rôle. J’ai appris à me faire confiance ENFIN ! C’est une sensation apaisante et à partir de ce moment j’ai pu vivre pleinement mon bonheur et même j’envisage beaucoup de choses avec ma fille.

Même si j’ai vécu 3 mois éprouvants et parfois difficiles, je ne cesserais de répéter que cette expérience est incroyable et franchement inoubliable. Je n’étais pas le genre de fille à dire cela mais j’ai découvert qu’être mère est ma vocation, c’est la plus belle chose que j’ai vécu de toute mon existence et je n’y changerais rien du tout car chacune des étapes m’a fait évoluer vers une meilleure version de moi-même.

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Voilà, voilà,

Amicalement vôtre,

Kath


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